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Tiré d’une histoire vécue. Un séjour en Inde et dans les slums de Calcutta, vus non pas comme on aime les rêver, mais qu’on prend comme une beigne en pleine figure dès qu’on regarde avec les yeux en face des trous...

Alice fait un bilan de sa vie et décide de partir en Inde.

À peine arrivée à New Delhi elle se heurte aux absurdités des mentalités locales.

Elle descend vers Calcutta par petites étapes pour découvrir le pays. À Calcutta elle séjourne dans une institution pour enfants handicapés et abandonnés, rencontre Mère Teresa. Grâce à la présence d’une jeune bénévole allemande qui parle le bengali, Alice découvre le dessous des cartes.

Petit à petit elle perd ses illusions. Elle devient malade et quitte l’orphelinat.

Quand son compagnon vient la rejoindre elle comprend que leur relation est arrivée à sa fin…

Elle a donc tout raté.

Epilogue:

Alice rentre en Suisse, elle doit tout recommencer: se soigner, reprendre sa profession et tirer le bilan de son expérience. Au fil des années ses dernières illusions tombent, elle s’aperçoit que même Mère Teresa n’est qu’un mythe inventé de toute pièce…

Alice ne rejoindra la paix que quand elle aura renoncé aux illusions et se sera consacrée au jardinage et à l’étude de la musique en compagnie de son chien.


L'auteur : Anne M.G. Lauwaert est née en 1946 à Ninove en Flandre. Elle a passé une partie de son enfance au Congo Belge où son père (pédagogue) avait été envoyé par le gouvernement belge pour y créer une école destinée à former des enseignants autochtones, donc en contact direct avec la réalité locale. Elle a suivi le lycée latin-mathématiques à Bruxelles et obtenu le diplôme de kinésithérapeute à Tournai. Elle a beaucoup voyagé, notamment au Congo, au Pakistan et en Inde.

312 pages, 16 euros (+2 euros de frais de port)

Pour vous procurer ce livre, envoyez un chèque de 18 euros à l'ordre des Editions Tatamis au 103 rue Albert 1er, 41000 Blois

Ou par paiement sécurisé :


Extraits

Dans l’orphelinat
“Le plus important – dit Alice – c’est de vider et de nettoyer la grande terrasse. La maison ne dispose ni de jardin, ni de cour où les enfants peuvent sortir, prendre l’air, jouer, bénéficier du soleil. Il est capital qu’ils puissent chaque jour aller au soleil car c’est le soleil qui fixe le calcium dans les os…”

Visite chez Mère Teresa
Mère Teresa était assise tranquillement sur le muret du balcon, elle souriait et parlait avec le gros yankee qui tira de la poche arrière de son pantalon un très gros portefeuille. Il l’ouvrit et en extrayait une énorme liasse de billets de 100$. Ils parlèrent et Mère Teresa lui donna un chapelet et une bénédiction. Alice et Mara se regardèrent… donc, pour les gens qui apportaient des dollars, Mère Teresa était présente…

Dans le bus
La fumée qui sortait des voitures était si dense qu’Alice ne parvint plus à respirer. « Je vais changer de place –dit-elle – prés de la fenêtre c’est insupportable... »
«  L’essence coûte tellement cher – expliqua Mara – que les gens y ajoutent de l’huile... ensuite les moteurs sont détruits et la pollution devient de plus en plus grave... Évidemment nous avons le contrôle technique et des gaz d’échappement mais cela ne signifie pas que les moteurs doivent être réglés, cela signifie simplement qu’il faut acheter des certificats ... »

Les sans abris
Les histoires des enfants poussèrent Hanna à contrôler leur dossier médical. Un jour elle accourut chez Alice: « Alice ! oh, nein! Regarde, lis ceci: “adresse de la mère: station ferroviaire de Howrah, quai numéro quatre…” Mein Gott… »

Les abandonnés
Une nuit, déjà très tard, les voisins étaient venus frapper sur la grande porte en fer. Ce matin-là une femme était venue et avait assis son enfant sur le trottoir, lui avait dit de l’attendre mais elle n’était pas revenue. Maintenant cet enfant était assis là, dans le noir, seul, affamé, épouvanté… C’est ainsi qu’il arriva à Nilbari… et puisqu’on l’avait trouvé on l’appela “Trouvé” …

Les violences religieuses
Le mercredi il y eut couvre-feu et interdiction de sortir de la maison.
-“C’est seulement le curfew et ensuite cela finit… cela arrive régulièrement…”
Le jeudi c’était encore couvre-feu et Alice tenta de suivre le journal télévisé. Manifestement la situation était assez grave pour que toute l’Inde soit paralysée à cause des violences religieuses. Les extrémistes indous avaient détruit la mosquée que les extrémistes musulmans avaient construite sur des décombres d’un temple indou… au temps de l’invasion musulmane … il y avait de ça des siècles…
C’était donc bien vrai qu’en Inde les religions ne servaient qu’à causer des violences…

La désorganisation
Cette fois Alice sombra dans la perplexité la plus totale. On se moquait vraiment des Européens qui venaient ici pour soigner les enfants paralysés par la polio alors que les enfants sains n’étaient même pas vaccinés, ni même le personnel… Il suffisait d’une contamination pour provoquer une épidémie  dévastatrice…
Alice interrompit les leçons d’anatomie pour expliquer ce que c’était que la polio, comment elle se transmettait, comment elle se manifestait et quelles en étaient les conséquences désastreuses…
-“Mais alors – demandèrent les didis – nous aussi on pourrait l’attraper?”…
L’ignorance était encore pire que la polio…

Lente prise de conscience
C’est comme cela que commença à naître sa colère contre l’Inde:
-“L’Inde a de l’argent pour construire des bombes atomiques, mais pas pour donner de l’eau potable à ses citoyens, ni des écoles … ni des vaccins… quelle merde…”

L’état des lieux
Si vous désirez que je reste, alors voici les problèmes qu’il faut affronter: le manque de respect envers le personnel, le manque d’instruction des didis, le manque d’hygiène, le manque de sérieux dans les vaccinations, le manque d’entretien du matériel comme les chaises roulantes, le manque de scolarisation des enfants, le manque d’intérêt de la part de la in-charge elle-même, les lenteurs, le je-m’en-foutisme, l’ignorance, …”
Alice continua sans euphémismes à énumérer tout ce qui clochait… Mary ouvrait les yeux toujours plus effrayés… jamais elle n’avait entendu parler sur ce ton aux papes de l’organisation… et de la part d’une femme encore bien…

Le réquisitoire
-“Mais c’est eux qui ont commencé…” insista Mary comme pour les justifier.
-“Oui, fort bien: ils ont commencé il y a 30 ans, mais aujourd’hui? Qu’est-ce que moi, je vois ? C’est un groupe de vieillards qui ne font rien. Ils s’asseyent derrière un bureau, sont entretenus, prennent la place d’un jeune diplômé capable de gérer rationnellement cette grande institution et de planifier le futur des enfants. Il faut éliminer ces poids morts et engager des directeurs efficaces. Avant tout il faut scolariser les enfants ensuite leur donner une formation professionnelle. Il faudrait instruire les enfants d’aujourd’hui pour que demain eux puissent prendre la maison en main: des administrateurs, des enseignants, du personnel soignant, des hommes et des femmes à tout faire, des cuisiniers qui connaissent les principes de la diététique. Et en réalité il ne se passe rien, vous végétez, vous n’avez aucun projet, pas de perspective à long terme… Vous vivez avec l’argent des bienfaiteurs et le travail des bénévoles. Il me semble tout à fait justifié de vous demander un rendement et des comptes rendus de vos activités. »

Le colonialisme idéologique
C’est là qu’Alice se rendit compte qu’elle avait, lentement, fini par penser, comme Debbi, que les religions étaient la cause de bien des malheurs… et que ne pas dénoncer les croyances et les traditions obsolètes constituait un colonialisme idéologique invisible, sournois et insidieux bien pire que le bon vieux colonialisme de papa... Aussi longtemps que le Tiers-Monde allait rester prisonnier de ses croyances, il n’avait aucune chance de devenir des pays modernes dans un monde moderne. Aussi longtemps que l’Occident réussissait à les tenir dans leur ignorance et leurs superstitions, ils n’allaient pas devenir des concurrents...

Le mythe s’écroule
Le temps passa. Mère Teresa mourut et alors on commença la longue procédure pour la canoniser.
Quelques temps après, Alice lut dans la revue Stern l’article de Walter Wüllenwerber “Mutter Teresa who sind ihre Millionen?” Mère Teresa où sont vos millions ?
Il avançait l’hypothèse que l’énorme quantité d’argent récolté par Mère Teresa avait servi à renflouer la banque du Vatican qui avait fait faillite lors du fameux crac du Banco Ambrosiano…
Alice découvrit aussi sur Internet que le personnage de Mère Teresa avait été fabriqué par le journaliste  Malcolm Muggeridge, “un conservateur fanatique, membre du “Congress for Cultural Freedom”, une organisation sponsorisée  par la CIA qui voulait établir en Europe une contre-culture pro américaine contre le communisme… »
Ce Muggeridge avait-il vraiment construit sa Mère Teresa sur le modèle de la Sister Ludmilla de Paul Scott ?
Quand les scandales au sujet des abus sexuels dans l’église commencèrent à être divulgués on découvrit que la bientôt sainte Mère Teresa avait protégé le père Donald Mc Guire qui avait été condamné pour abus sexuels …
-« Somme toute - se dit Alice - si elle a utilisé l’image des enfants déshérités des bidonvilles pour se faire donner de l’argent pour renflouer la banque du Vatican… n’a-t-elle pas elle aussi abusé des enfants, des pauvres et des bénévoles… et de tous ceux qui avaient donné de l’argent et de tous ceux qui y avaient cru… »
-“ Et bien - se dit Alice en souriant car plus rien ne l’étonnait – parmi les oiseaux noirs de Calcutta, à côté des vautours on peut trouver toutes sortes de  charognards…”

La reconstruction
Alice passa aussi par tous les stades des clichés pseudo philosophiques concernant « le sens de la vie » jusqu’à  ce qu’elle ne comprenne que la vie n’a pas de sens. Le sens implique le mouvement, or la vie n’est pas un mouvement mais un état. On est vivant ou on est mort et quand on est mort tout est terminé. Mais aussi longtemps qu’on est vivant, on est vivant...
Le jour où elle avait perdu sa dernière illusion, elle se sentit infiniment triste, mais libérée, aussi libre que ces vieux chamois, qui débarrassés de la tyrannie de leurs hormones, s’en vont, solitaires, brouter tranquillement l’herbe fraîche, loin des vaines agitations.
Elle ne sortit pratiquement plus de chez elle, jouit de chaque instant possible dans son jardin, avec son chien et commença à étudier la musique.

Sommaire

1-    Le voyage
2-    Nil Bari : la Maison Blanche
3-    Social Worker
4-    La vie quotidienne
5-    Vers la fin du séjour
6-    Epilogue


Jean ROBIN
Le : 17/09/2012
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