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Sortie de Radars : le grand mensonge

 

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Quelques bonnes feuilles…


Les chiffres de la route s’améliorent, mais les radars n’y sont pour quasiment rien.

Un taux d’accidents en baisse, bien avant les radars !  

« 429 morts en moins, le meilleur résultat depuis quarante ans… ». Problème pour nos adeptes du tout-radar, cette déclaration de Isabelle Massin, déléguée à la Sécurité routière date de… 2001. Le taux d’amélioration maximal fut donc pointé deux ans avant l’arrivée de la première boîte à images, lors d'une période où le nombre de contrôles routiers diminue ! (…) Clairement, le plan « 1000 radars » s’est incrusté comme un fibrome malin sur la dos de la morbidité routière française dont les chiffres s’améliorent depuis vingt ans, nettement depuis treize ans. Une tendance globale. En Europe, ça fait dix-sept ans que la mortalité routière chute, et surtout depuis sept ans (…)

Si le nombre de morts baisse de façon significative sur nos routes ces dernières années, c’est grâce à six phénomènes majeurs : 1-un changement structurel fondamental du parc automobile, 2-des véhicules moins « transgressifs », 3-des conducteurs plus expérimentés, 4-une meilleure prise en compte des deux-roues par les voitures, 5-une baisse du trafic, notamment sur les voies "à risques", 6-un changement de mentalité global induisant moins d’alcoolisme au volant. La plupart de ces six éléments sont ce que les chercheurs nomment des "interférences statistiques", en clair des paramètres qu’ils ne peuvent évaluer. Parce qu’ils ne disposent pas de données fiables dessus et/ou parce qu’ils ne savent même pas qu’ils existent, pour certains. Plus sûrement parce que, pour nos chercheurs-fonctionnaires, publier des chiffres enterrant « l’efficacité » de nos radars reste interdit par la hiérarchie. »  


Des points noirs en pagaille…

A l’heure où j écris ces lignes (début 2009), personne ne sait où est Jean-Louis Borloo, Ministre des Transports, de l’Environnement et plein d autres trucs. Lui non plus d’ailleurs. Dès juillet 2007 toutefois, cet ex-avocat révélait ses talents d’acteur en feignant de découvrir l’existence des - pourtant fameux – « points noirs » de notre réseau routier. Ceci après la dégringolade d’un autocar polonais dans un ravin en Isère ayant causé 26 morts et 14 blessés graves. Le problème posé par cet endroit dangereux était connu des autorités, mais négligé.

En France, les déficiences intolérables du réseau routier sont légions, mais cela ne perturbe jamais personne en haut lieu, et surtout pas les comiques troupiers successivement en charge de l’Equipement et des Transports. Et pourtant. En 2001, un rapport de la Cour des Comptes dénonçait : « 22% du réseau routier est dégradé, la stratégie globale sur le sujet étant à l’abandon » ! En décembre 2006 rebelote, un rapport du Conseil général des Ponts et Chaussées alerte sur l’état « préoccupant » du même réseau. Un an plus tard, c’est le député-maire d’Etampes et député UMP de l’Essonne Franck Marlin qui demande « un plan Marshall pour les routes »… Effectivement, notre réseau attend toujours sa politique de grands travaux : déclivités, tunnels, carrefours et bas-côtés dangereux, zébras glissants et glissières tranchantes, piètre visibilité, routes non éclairées, entretien délaissé ou reporté, chaussées non nettoyées, bitume dégradé ou revêtements aquaplanants, équipements vétustes ou hors-la-loi, constructions au rabais, signalétique inadaptée et autres panneaux "trop tard" … la vie en France n’est pas toujours une belle route tranquille. La mauvaise qualité des infrastructures routières interviendrait dans 40% des accidents mortels ! Les chiffres sont têtus : pour sauver des vies, une priorité est d’améliorer les « points noirs », notamment en ville et rase campagne. Un tronçon à problèmes, repensé et reconstruit, c’est 25% d’accidents en moins selon les panneaux officiels. Mais là, nos décideurs sont moins survoltés qu’avec leurs gratifiants radars. C’est qu’améliorer le réseau coûte cher, sans autre retour sur investissement pour nos pétulants ministres que d’obscures vies sauvées en régions. La F.F.M.C (Fédération française des motards en colère), remontée comme une pendule sur le sujet, dénonce la débauche de moyens consacrés par l'Etat à la répression, alors que les budgets alloués à l'amélioration des infrastructures routières ou la prévention ne décollent pas. Et pour cause, ajoutent-ils : « une bonne partie du fric des radars a été reversée à la SNCF !». Ainsi qu’à la rémunération du Livret A dit-on. Bref, nos ministres promettaient en 2003 que les excédents dégagés par les radars serviraient à rénover le réseau routier, ce ne fut jamais le cas. Sur le sujet, la stratégie de l’Etat jacobin est simple ; avec la décentralisation naissante, il aura beau jeu d’attaquer bientôt les collectivités locales sur des normes que lui-même ne respecte pas aujourd'hui. (…). Bref, les motards, comme souvent, ont visé juste, et cette fuite des capitaux n’était qu’un début. En décembre 2004, l'AFITF, Agence de financement de nos infrastructures, sorte de tirelire des transports, et autre marotte de Gilles de Robien, est mise en place discrètement. Son principe ? Financer de façon pérenne les futurs grands travaux du ferroviaire et du fluvial grâce à la cagnotte générée par la route. Plus précisément grâce aux dividendes des sociétés autoroutières et une partie du produit des amendes. Pourquoi pas ? Mais qualifier la sécurité routière de « chantier prioritaire pour sauver des vies » alors que les rentrées financières issues de la route sont affectées à tout sauf à sa sécurité, est une énième preuve de la duplicité du discours officiel. »

Le pire reste à venir. En 2009, le rapport annuel de la Cour des Comptes nous apprend que cette AFITF, organisme opaque présidé par Gérard Longuet, sulfureux copain de Sarkozy Nicolas, ressemble fort à une caisse noire. Celle-ci pose en effet des problèmes de gestion et de transparence. Où va ce pactole exactement ? Nul ne sait, pas même notre Cour des Comptes. Cette haute juridiction, après son semblant d’enquête, demande tout de même la suppression de l’AFIFT, plus exactement sa dilution dans la DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) ! Son rapport met clairement en cause le coût, la gestion, la relative inutilité et l’opacité de cette « agence ». La Cour des Comptes demande aussi la création d'un "Comité d'engagement" constitué de parlementaires, pour en assurer le "pilotage interministériel". Traduction en français : "Ca suffit ! On ne sait pas où va l'argent, réformez ce truc et à l'avenir laissez les députés (représentants du peuple) gérer tout cette cagnotte !". (…) Cette énormesque cagnotte (208 millions d’euros en 2009) aux tiroirs plus ou moins secrets sent manifestement le ripoux, tandis que les contre-pouvoirs en place continuent de se boucher le nez, sans moufter. Après tout, 208 millions d’euros ça ne fait que 136 milliards d’anciens francs. »



Perfectionner et optimiser le balayage de nos milliers de radars relève d’une discrète stratégie globale… 

« Le fameux Raphaël Bartold, ancien de l’Intérieur et premier pilote du plan « 1000 radars » a gardé la trajectoire ; il dirige désormais un comité créé sur mesure en 2007, l’A.N.T.S, Agence Nationale des Titres Sécurisés, en d’autres termes, nos papiers d’identité. Ce petit comité œuvre toujours avec les grosses têtes de Sagem-Defense-Sécurité, concepteurs des radars ! L’A.N.T.S est d’une discrétion de violette quant à ses travaux et refuse toute interview ou visite de journaliste dans ses locaux. Toutefois nous savons que cette fine équipe travaille sur ce que l’on appelle les « technologies biométriques ». La biométrie utilise votre corps - votre visage en l'occurrence - pour vous identifier. Cette technique est prévue sur nos futurs passeports ainsi que sur nos cartes d’identité, alors que le règlement européen ne l’exige pas pour cette dernière pièce. Ce sujet pourtant sensible des papiers biométriques, qui touche aux libertés, est en outre régit par un décret (JO du 4/5/08), non par la loi. Ce qui évite le passage devant les députés. Enfin, un nouveau fichier est créé pour l’occasion. La seule chose de claire dans ces sombres coulisses, c’est qu’en terme de flicage et de fichage, nos pouvoirs publics font du zèle. On se pose la question : s’agit-il simplement de sécuriser des documents (une bonne chose au départ) ou d’étendre – par exemple - la « reconnaissance faciale » aux mitraillage des radars, histoire d’amplifier un jour leur efficacité ? Ou les deux ? Cette solution biométrique est – selon les spécialistes - la technologie qui monte. La « reconnaissance faciale » s'appuie sur les caractéristiques principales du visage pour dessiner une carte du faciès, et seule la chirurgie esthétique profonde pourrait la mettre en échec. Il existe deux technologies : les reconnaissances fixe et mobile. L'identification d'un sujet fixe dans de bonnes conditions de luminosité est déjà au point ! Et c'est à ce jour la seule solution utilisable… sans le consentement de la personne identifiée. Faut-il te faire un dessin ami lecteur ? »


Peut-être n’est-il pas trop tard pour remettre cette lourde machine sur ses rails ? 

« Primo, le pactole promis n’est pas au rendez-vous. Le système CSA devait rapporter 11 milliards d'euros en 2009, or les mouchards de la route et leurs produits dérivés ne rapporteront cette année qu'un seul « petit »  milliard d’euros toutes recettes confondues à l'Etat. Un flop, comme on dit en marketing, en regard de l’investissement consenti et des coûts fixes. D’autant que si cette baisse se poursuit, les recettes des amendes ne couvriront plus dès 2017 le coût de maintenance des radars toujours plus important. Ceux-ci coûteront alors plus qu’ils ne rapportent !

Secundo, l’efficacité sanitaire de cette ambiance répressive est nulle. S’il ne faut retenir qu’un chiffre « officiel » ce serait celui-ci : les progrès de la morbidité routière sont moindres qu’avant la mise en place des milliers de radars. Et tertio, la populace est de plus en plus irritée. Le vulgum pecus réalise que ce système « 5000 radars » est à l’image de la carrière de Nicolas Sarkozy : caricaturée, opaque et affairiste. Ces chiffres vont se propager, et les protestations contre cette politique truquée ne vont pas manquer de s’élever, toujours plus violentes et nombreuses.

Gouverner c’est prévoir, mais c’est aussi choisir. Nicolas Sarkozy – dont la cote de popularité dégringole – hésite désormais devant la conduite à tenir. La machine infernale est trop lancée pour être stoppée, mais il n'a pas le cran d'annoncer la suppression des panneaux préventifs, et n'a plus un sou vaillant pour multiplier les cabines à l'envi. Quant aux radars mobiles, plus ils sont diffusés, plus ils sont sous-employés par les forces de l'ordre, et plus celles-ci sont détournées de leur vrai travail. Aujourd’hui son beau projet de « meilleur des mondes » a du plomb dans l'aile. Notre Président sera-t-il assez futé pour profiter d'une situation de semi-stand by, qu'il ne peut de toute façon faire décoller faute de moyens ? C'est le moment de nettoyer et/ou améliorer le processus, par exemple en re-positionnant les cabines existantes (ou à venir) sur les réels points noirs du réseau : entonnoirs, virages dangereux, entrées de villes, routes départementales, sorties d'écoles, etc. Sarkozy Nicolas aurait ainsi beau jeu de retourner à son profit un système déviant qui fonce dans le mur. Faut pas rêver. Même si notre Président est capable de surprenantes volte-face, nous avons peu de chances d'assister à un changement de cap, tant il semble hypnotisé par la chose policière, le flicage de masse, et les rapports financiers. »    


Le péage d’autoroute, une autre belle escroquerie…

« Au départ la collecte des péages devait servir à rembourser les investissements consentis pour construire les autoroutes. Mais aujourd’hui ? Pascal Pennec, rédacteur en chef adjoint à Auto Plus, explique : « ces portions d'autoroutes sont largement amorties depuis longtemps. Il n'est plus nécessaire d'augmenter les tarifs des péages, il serait même tout à fait justifié que les tarifs soient réduits. Est-on dans une mission de service public ou pas ? C'est toute la question, car la route est un bien public ». Les sociétés autoroutières continuant de justifier les guérites par l’entretien nécessaire du réseau, Pascal Pennec précise que « l'entretien représente une part infime dans une recette de péage ». Marc Michaux, journaliste à l’Expansion a réalisé une enquête (2) sur les bénéfices engrangés par les sociétés autoroutières. Celles-ci se sont refermées comme des huîtres dès qu’il a commencé à leur parler chiffres. La plupart n’ont pas voulu l’informer de leur excédent brut d’exploitation, d’autres ont carrément affirmé ignorer ce chiffre. Le journaliste a donc déchiffré les bilans de l’exercice 2006 pour ressortir leur taux de rentabilité. Comme on s’y attendait, celui-ci est record. Des sociétés comme Alis, Cofiroute ou Les Autoroutes du Sud de la France se goinfrent littéralement, margeant à plus de 60%. Mais ce n’est pas encore assez semble-t-il puisque les péagiers, s’inquiétant de la récente baisse du trafic – causé en grande partie par le prix délirant des carburants - demandent à l’Etat la permission d’augmenter encore leurs tarifs ! On se pince. »   


… appelée à se multiplier

« Les vrais pirates de la route sont dans les guérites à la sortie des autoroutes » se marrait Jean Yanne. C’est du passé. Nous allons vite devenir nostalgiques des seuls péages autoroutiers. Car les guérites sont en passe de se multiplier. L'extension des péages aux zones urbaines et à d'autres voies de circulation n'est qu'une question de mois. Première étape : nos belles Routes Nationales vont progressivement devenir payantes. Ce nouveau maousse suppositoire fiscal va passer sous prétexte de ciel bleu (une écotaxe nouvelle version) et surtout de décentralisation, certaines régions s’affirmant trop pauvres pour entretenir leur partie de réseau. Première Nationale concernée, celle reliant Mâcon à Royan, très circulée (10 000 à 15 000 véhicules/jour). Assujettir les routes nationales (et bientôt les départementales ?) au péage, il fallait y penser ! Dominique Bussereau, Secrétaire d’Etat aux Transports, ne s’en cache même plus. Vous suffoquez ? C’est loin d’être fini. Nos élus besognent aussi à rendre payant l’accès motorisé aux grandes villes. M. Bussereau toujours lui affirme sur RMC le jeudi 18 septembre 2008 être « favorable aux péages urbains ».

Etc.  




 
Jean ROBIN
Le : 16/09/2009
Création de sites internet Advanced Informatique