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Réponse au journaliste du Figaro
Bonjour M. Dromard,
Une de mes clientes (lectrices) vient de m'indiquer l'existence d'un article sur la maison d'édition que j'ai fondée et que je dirige, les Editions du Journalisme Continu, dans le Figaro du 9 août dernier, sous votre plume. (http://www.lefigaro.fr/medias/20060809.FIG000000224_ces_editeurs_qui_font_des_livres_sans_encre_ni_papier.html)
Permettez-moi tout d'abord de vous remercier d'avoir évoqué l'existence de notre jeune maison, c'est grâce à votre article que cette lectrice est devenue notre cliente (si tant est qu'on puisse utiliser un tel terme pour parler des consommateurs de livres - "consommateur" étant lui-même impropre à la formulation, je le crains).
Néanmoins, cher confrère, j'aurais préféré que vous m'ayiez contacté directement, afin que votre article soit en pleine adéquation avec la réalité de notre activité, afin de ne pas induire en erreur vos lecteurs. Rien de fondamental, encore que...
Votre article s'intitule : "Ces éditeurs qui font des livres, sans encre ni papier".
Or, même sans avoir recours à moi directement, vous auriez pu, vous auriez dû lire sur le site Internet de la maison :
"Les éditions du Journalisme Continu publient des livres d’enquête sur les pouvoirs, qui se basent sur des faits concrets et vérifiables, et diffusant ces livres papier principalement par Internet." http://www.journalisme-continu.com/virtuelle.php/id/111203
Ainsi, le livre "Ils ont tué la télé publique", avec Thierry Ardisson en couverture, publié le 28 avril dernier et qui a eu un assez bon écho dans la presse française (Libération, Le Figaro sous la plume de votre collègue Yvan Rioufol, Tecknikart, 20 minutes, j'en passe) et à la radio française n'est jamais paru, et ne paraîtra jamais sous format numérique, pdf ou autre.
Ceci contrairement à ce que fait M. Gobin, que je connais bien par ailleurs et dont je suis le parcours du combattant avec une curiosité insatiable.
Nous ne pensons pas que le livre en numérique soit un modèle économique rentable, malgré les apparences.
Les lecteurs seront toujours très attachés au papier, et les entreprises s'étant déjà essayées à ce modèle-là en ont toutes et rapidement été pour leurs frais (je ne citerai que l'exemple de 00h00.com).
Notre modèle, comme nous l'avons je pense très bien expliqué sur notre site, est de distribuer autant de livres que nous le pouvons via Internet, contournant ainsi tout le circuit classique. Mais il ne s'agit pas de court-circuiter ce circuit, comme nous l'expliquons clairement dans le chapitre "Indépendant, mais pas autarcique" de la page dont l'adresse est indiquée ci-dessus.
Nous pensons que l'édition de l'avenir ne pourra pas se passer d'Internet comme circuit de distribution en plus du circuit de distribution classique, qui a d'autres avantages (notamment la quantité de livres vendus). Nous travaillons depuis peu avec un distributeur-diffuseur qui se charge pour nous de ce circuit classique, quant à nous il nous reste Internet pour offrir d'autres avantages à nos clients, tout en bénéficiant d'une meilleure marge (pas 5 fois plus importante, mais environ 3) et d'un paiement d'avance (et non 90 jours fin de mois). Plus important que tout, nous connaissons nos clients qui achètent nos livres par Internet, ce qu'aucune maison aujourd'hui n'est en mesure de dire (l'édition restant ainsi le seul métier où l'entreprise ne connaît pas ses clients). Nous comptons sur eux et leur retour d'informations pour nous améliorer constamment, si tant est que cela soit possible et dans la mesure de nos compétences.
Ceci se traduit principalement par une offre totalement originale, et à ma connaissance unique, que nous avons baptisée "pour une vie de livres", qui permet à la personne qui y souscrit de recevoir à vie un exemplaire de chacun des livres que nous serons amenés à éditer, qu'il s'agisse de 5 livres ou de 5 000. Le forfait de la souscription est unique, et dépend uniquement de l'année pendant laquelle la souscription a lieu. En 2006, la souscription est de 100 euros, l'année prochaine, les nouveaux souscripteurs auront à acquitter une somme plus importante pour bénéficier de la même offre, car ils auront pris moins de risque que ceux ayant souscrit en 2006. Et ainsi de suite.
Voilà, je reste à votre disposition si vous souhaitez avoir plus d'informations, ou de précisions, sur nos activités.
Sachez simplement pour terminer que nous changerons de nom le jour de la sortie de notre prochain livre, soit le 28 août prochain, et que nous nous appelerons Tatamis.
Si vous estimez que ces informations ou certaines d'entre elles méritent de constituer un rectificatif, vous avez mon autorisation pour les publier dans votre journal.
Dans ce cas, n'hésitez pas à me l'indiquer, afin que je puisse me procurer le Figaro dont je ne suis malheureusement pas un lecteur assez assidu.
Avec mes salutations cordiales et respectueuses
Jean Robin
Gérant
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