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Les élections présidentielles américaines du 6 novembre 2012 seront un événement de portée planétaire. Barack Obama sera-t-il réélu ? Sera-t-il remplacé par son concurrent républicain, Mitt Romney ? Quels sont les enjeux exacts ? Que savons-nous vraiment de la politique menée par Barack Obama à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis ?

Guy Millière, l’un des meilleurs connaisseurs français des Etats-Unis, auteur du seul livre en langue française à avoir expliqué en détail qui était Obama et ce qu’étaient ses projets, La résistible ascension de Barack Obama, explique aujourd’hui quel est l’état de l’économie et de la société américaines au moment de l’échéance, mais aussi ce que sont les implications de l’administration Obama dans la mutation du monde arabe et du Proche-Orient, ou dans l’évolution de la Chine et de la Russie.

Il met au jour les rouages par lesquels s’est mis en place dans la société américaine un capitalisme d’accointances  et de dépendances aux conséquences très lourdes, mais aussi d’autres éléments troublants jamais évoqués dans la presse française : quels sont les liens entre Obama et les Frères musulmans ? comment des armes ont-elles été vendues par le Ministère de la Justice américain à des gangs de la drogue mexicains ? où conduisent l’endettement vertigineux  des Etats-Unis et les relations de dépendance qui en découlent ?

Quand Obama a dit qu’il entendait changer radicalement l’Amérique et le monde quelques semaines avant d’être élu, dit Guy Millière, il devait être pris au sérieux. Un changement radical est en cours. Ce qui se trouvé ébranlé en profondeur n’est pas seulement l’Amérique, mais l’équilibre même sur lequel reposaient la globalisation et l’équilibre des forces sur les cinq continents.  

Le désastre Obama est un livre sombre, mais passionnant, fourmillant d’informations, indispensable pour comprendre  ce qui se noue dans un pays qui reste la seule superpuissance, et que nous ne pouvons nous permettre d’ignorer.  

L'auteur :

Guy Millière, économiste, géopolitologue, professeur d’université, ancien président de l’Institut Turgot,  Senior Advisor au Gatestone Institute, est l’auteur de nombreux livres dont Ce que veut Bush (La Martinière), L’Amérique et le monde après Bush (Cheminements), Michael Moore au-delà du miroir (Le Rocher), La résistible ascension de Barack Obama (Cheminements). Il a traduit, préfacé et annoté les Ecrits personnels de Ronald Reagan (Le Rocher).

216 pages, 15 euros, livraison 3 jours pour la France, 10 jours pour les USA  

Pour vous procurer Le désastre Obama, deux solutions :

- par chèque : 15 euros (frais de port offerts) à l'ordre des Editions Tatamis, 103 rue Albert 1er, 41 000 Blois

- par paiement sécurisé en ligne :

Premières pages du livre

1.    UN CAUCHEMAR AMERICAIN

Detroit. La ville a été la capitale de l’industrie automobile américaine. La General Motors, Ford et Chrysler y ont toujours leur siège social. Les hauts immeubles et les bâtiments historiques du centre ville sont toujours debout, et si on regarde le skyline, la silhouette de la ville depuis Windsor, sur la rive canadienne de la rivière qui relie le lac Saint Clair et le lac Erie, on peut aisément penser que rien n’a vraiment changé.

Si on  s’approche, néanmoins, si on parcourt les rues en direction des quartiers Nord, on découvre très vite que le temps de la splendeur et de l’opulence est révolu. Des maisons sont en ruine. D’autres, habitées encore, ont des fenêtres cassées que plus personne ne songe à réparer. Des terrains sont jonchés de détritus. Ceux qu’on croise dans les rues ressemblent souvent à des fantômes ou à des sans abris.

Detroit comptait encore près d’un million d’habitants en l’an 2000, depuis trois cent mille sont partis. Ceux qui restent, souvent, n’ont pas pu faire autrement : ils n’ont pas assez d’argent pour déménager, ou bien ils n’ont pas la force. Ils sont locataires et vivent d’allocations sociales : souvent, ils ne paient plus de loyer à quiconque. La police de la ville a renoncé  à agir, comme la plupart des services municipaux.  Les propriétaires de maisons ou d’immeubles ne peuvent pas vendre, car personne ne veut acheter, et les prix sont dérisoirement bas. Une maison de cent mètres carrés vaut désormais ce que vaut une voiture neuve, quelquefois moins. Et peut-on même dire qu’elle vaut quelque chose dès lors que l’évaluation ne correspond à aucune offre, et à aucune demande ?

La population est devenue moins diverse. Elle est largement noire. Les enfants ne vont plus à l’école. L’analphabétisme avance. Les gangs règnent sur des quartiers. Certains jours, les éclairages urbains sont à l’arrêt, feux de circulation compris.


 Le maire de la ville en 2008, Kwame Kilpatrick a démissionné  pour partir directement vers la prison : il est sous le coup de trente-huit chefs d’inculpation, parmi lesquels agression d’un policier, corruption, extorsion de fonds, obstruction à la justice . Son remplaçant est un ancien basketteur qui a joué pour l’équipe de la ville en d’autres temps, dans les années 1970, Dave Bing. Il est démocrate. Tous les maires de Detroit sont démocrates depuis des décennies.

Detroit a particulièrement souffert lorsque General Motors et Chrysler ont été tout au bord de la faillite, en 2008. Elle souffre davantage encore aujourd’hui, et ressemble désormais à un cas sans espoir. Will the last person to leave Detroit please turn out the lights?, demandait récemment, avec une ironie désespérée un bloggeur anonyme . La dernière personne à quitter Detroit pourrait-elle éteindre la lumière ?

C’est à Detroit que Barack Obama est venu, le premier lundi de septembre 2011, présenter son « plan pour l’emploi » et lancer sa campagne électorale. Il disposait d’un public conquis d’avance : des membres des grands syndicats. Le dirigeant de l’International Brotherhood of Teamsters, Jimmy Hoffa Junior, fils de Jimmy Hoffa qui utilisait la Fraternité pour blanchir l’argent de la mafia, a mis la foule en appétit en usant d’arguments convaincants : « Président Obama, nous sommes votre armée, nous sommes en guerre, nous allons écraser ces fils de putes  ».

Barack Obama pourra adopter d’autres discours, tenir d’autres propos, ce n’en est pas moins là ce qu’il utilise aujourd’hui, et ce qu’utilisent ceux qui le soutiennent : la culture de la haine et du ressentiment, l’appel à la lutte de classes sur le mode le plus violent, la division, la désignation de boucs émissaires.

Barack Obama a été élu en parlant d’espoir : il compte aujourd’hui sur la peur et l’incitation à détester l’autre. Les syndicats américains sont sa base, avec les « organisateurs de communauté ».

Il s’appuie aussi sur le Congressional Black Caucus, constitué de tous les membres noirs du Congrès : celui-ci a quarante et un membres, tous Démocrates, à l’exception d’un seul, le colonel Allen West.

Lors de la dernière grande réunion du Black Caucus,  quelques semaines après le meeting de Detroit, l’un de ses dirigeants, André Carson, élu de l’Indiana, a déclaré solennellement que si les Démocrates perdaient le  pouvoir, on verrait « des Noirs pendus aux arbres comme au temps du Ku Klux Klan  ». Maxine Waters, élue de South Central Los Angeles a proclamé que les tea parties et les conservateurs devaient être envoyés « brûler en enfer  ».

Les tea parties et les conservateurs, voilà l’ennemi. Des gens qui se réclament de la Constitution, du Bill of Rights et de l’esprit des pères fondateurs du pays  ont, semble-t-il, tout pour déplaire à Obama et à ceux qui le soutiennent.

Les Républicains sont identifiés aux tea parties et aux conservateurs, et si quelques-uns d’entre eux sont épargnés le temps d’une phrase ou d’un soupir, ils sont, en gros et en détail, traités comme les tea parties et les conservateurs : comme des « racistes », des prédateurs, des gens sans âme qui pensent à servir les « plus riches » au détriment du reste de la population, des empoisonneurs prêts à tout ravager sur leur passage et responsables de tous les maux dont souffre le pays.
 
Quand Barack Obama se rend à Detroit, il se rend au centre-ville . Pas dans les quartiers où les maisons sont en ruines et où la misère gagne chaque jour du terrain.

Quand il se rend dans d’autres villes du pays, il évite aussi certains quartiers.

Et il évite d’ailleurs toujours davantage de quartiers, car ce qui touche Detroit touche aussi d’autres villes du pays.


Jean ROBIN
Le : 27/08/2012
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